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Du Berry à la Bretagne

Nous voilà au bilan de cette nouvelle aventure, de 13 jours, pour parcourir 1 000 km, en vélo. Elle fut magique en de nombreux points.

Mais débutons par les premiers coups de pédales (à assistance électrique) en partance de chez moi. À contrario de mon départ à pied, ce fut simple. J’y ai même pris plaisir. Rouler sur des routes que je connais, c’était très chouette. De nouvelles sensations, peu d’appréhension et surtout beaucoup de plaisir à découvrir cette nouvelle itinérance.

J’ai été accueillie, sur l’Indre à vélo par un « j’aimerai bien être à la place de la selle ». Très légèrement interloquée, je réponds naïvement « pardon ?! » (bon d’accord, on entendait le, j’ai entendu, tu veux répéter ?!?). À quoi il n’a eu de bon sens que de rétorquer « joli votre vélo ». « Je préfère ouai ! », un peu dingue ce mec ! Voilà que je porte un cuissard et que je me fais embêter en moins de 50 bornes.

C’est un non-évènement, mais c’est ainsi dans la vie de toutes les femmes prenant la liberté de simplement mettre un short. Alors s’il vous plaît messieurs (et mesdames), rien n’est jamais trop court. Respectez l’autre et basta !

Bon sinon, l’Indre à vélo et ses 250 km sont très agréable ! Un gravel n’est pas du luxe vu la qualité des chemins (par moment), mais c’est très agréable comme itinéraire. Un peu de dénivelé et de mignons petits villages.

Grâce à ce dernier, j’ai pu rejoindre, à Bréhemont, la Loire à vélo quittée à Saumur, avec Tancrède. Je fais donc quelques 60 km sur des chemins déjà empruntés (mais c’était coooooool) et je repasse par le passage troglodyte (avant Saumur). J’en profite pour visiter l’abbaye de Fontevraud qui est un véritable chef d’œuvre ! Autant d’un point de vue architectural que dans son évolution au cours des siècles. Véritable lieu de culte, elle devient une prison avant de devenir l’écrin de la scène artistique contemporaine ! BRA-VO !

Je cesse mes digressions.

Passée Saumur, je suis en 1 étape et demi à Nantes, où je me vautre en beauté, un dimanche midi. Je me relève, claudiquante et continue à pédaler pour rejoindre le canal de Nantes à Brest ! Et là ! Le kiffffffe ! Pédaler sur un chemin de halage le long du canal de l’Oust. Je suis tout de même contente d’avoir collé une compresse et du strap sur mes plaies histoire d’éviter que la poussière ne s’invite.

Point positif du e-bike, je n’ai pas de courbature.

Point méga positif du cuissard (le short rembourré, dégueu), je n’ai pas mal aux fesses. PRIMORDIAL !

Revenons sur ce très chouette canal. C’est trop chou ! Mais surtout, je rentre en Bretagne ! Qu’est-ce que j’aime cette région !

Le Canal de Nantes à Brest me réserve quelques 390 kilomètres le long de l’eau, découvrant oiseaux et écluses. Je me régale. Sans compter qu’il passe par Carhaix, où je m’arrête au festival des vieilles charrues pour y être bénévole (au pied levé).

Un paquet de concerts plus tard, de nombreuses heures à faire des burgers et très peu d’heures de sommeil en rab ; me revoilà sur mon vélo pour rejoindre Brest par le canal (ou presque).

Ce dernier ne va pas jusqu’à destination, il s’arrête à Chateaulin. Ensuite, un peu de dénivelé m’y attend pour rallier la gare TVG me ramenant à Paris.

Et voilà ! Une aventure qui est passée bien trop vite. Mais qui me permet de me souvenir à quel point j’aime l’itinérance seule. Et ça, c’est rassurant 😁

Le point dodo évidemment :

07.07.2022 – Camping des rives de l’Indre à Châtillon-sur-Indre,

08.07.2022 – Camping de l’isole verte à Montsoreau,

09.07.2022 – Camping éco-Loire à St-Florent-le-vieil,

10.07.2022 – Camping du château à Blain,

11.07.2022 – Camping municipal du val D’oust de Rohan,

12.07.2022 – Camping municipal de Huelgoat,

13.07.2022 – Camping municipal de Huelgoat,

14.07.2022 – Chez l’habitant à Carhaix,

15.07.2022 – Chez l’habitant à Carhaix,

16.07.2022 – Chez l’habitant à Carhaix,

17.07.2022 – Chez l’habitant à Carhaix,

18.07.2022 – Camping municipal du Faou.

Le tracé du Berry à la Bretagne.
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Une semaine sur la Loire à vélo

Depuis 3 ans maintenant, je randonne. Après mon raté de ce début de saison, il m’a fallu essayer de me réinventer. Alors pourquoi ne pas tester un nouveau mode d’itinérance.

Ce fut ma première expérience à vélo. Et franchement, c’était super chouette. Ce chemin, le long de la Loire, est très bien indiqué. Bon, on a tout de même réussi à se perdre plusieurs fois, mais on est vraiment très peu attentifs !

Le tracé est très agréable. On pédale le long des bords de Loire, on longe des champs, en passant par des chemins de halage et des berges de canaux.

Il y a pas mal de petits villages (ou villes) pour faire des courses, boire un café, visiter… C’est franchement une belle aventure.

Et puis il y a tous ces châteaux ! Ce patrimoine merveilleux qui rend notre pays si extraordinaire aux yeux de tant de personnes ! Et pour cause. Ces moments de visites patrimoniales sont une bouffée d’oxygène et une parenthèse magique. Je recommande.

Par chance, le temps a été avec nous. Et ça change grandement la perception du voyage, il faut bien l’avouer. Un peu chaud, peut-être (canicule oblige)… Mais ça n’a rien enlevé au plaisir de l’itinérance.

En tant que randonneuse, le rapport aux distances est totalement biaisé. 100 km en une journée est chose aisée à vélo ! Je n’ose l’imaginer à pied. Alors nous avons composé entre mon appréhension des étapes et la journée qui se déroulait comme sur des roulettes. Quel bonheur.

Bien que la rando soit mon activité de prédilection ; je suis dingue de ce moyen de locomotion, qu’est le vélo. Alors je vais continuer d’expérimenter la rando et le vélo autant que faire se peut. Et ainsi vous faire découvrir de nouveaux itinéraires et les beautés qu’ils recèlent.

À tout bientôt pour de nouvelles aventures ?!?L

Le point dodo :

– 13.07.22 : camping de Gien,

– 14.07.22 : camping de Beaugency,

– 15.07.22 : camping de Chaumont sur Loire,

– 16.07.22 : hotel du cheval rouge à Villendry (je ne conseilles pas),

– 17.07.22 : camping de Candes sur Loire.

L’itinéraire d’une semaine sur la Loire à vélo.
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Quelques jours sur le chemin de Stevenson (par Perrine)

En mars 2021, Jeanne préparait son départ pour 4 000 kilomètres du Berry au Portugal. Depuis 2019 elle parcourt des milliers de bornes pour s’apaiser et se dépasser. Comme une envie fugace de partager ce quotidien inconnu, je lui propose de la rejoindre quelques jours pour découvrir cette itinérance. Moi l’étudiante tardive, maniaque du contrôle et enfermée dans la maladie depuis des mois. Immédiatement, je regrette cette proposition pour une multitude de raisons mais je constate que ça l’enchante alors je maintiens. On programme que je la rejoigne fin mai sur le chemin de Stevenson dont les étapes sont « petites » et le confort absolu puisque bordé de gîtes d’étape qui me permettront de dormir au chaud et au sec. Lorsque mi-mai elle décide de mettre fin à ce périple je me sens comme déchargée. Déjà parce qu’elle s’écoute, mais aussi parce que je ressens comme une liberté incroyable de ne pas avoir à « subir » ces quelques jours d’efforts. Et en même temps, je ressens comme le besoin vital de maintenir cette épopée sororale. C’est décidé, au regard de nos planning respectifs nous partons fin mai pour marcher 3 jours sur Stevenson.

Le matériel est là, une partie prêtée par Jeanne donc d’une qualité incroyable, une autre provenant d’une razzia dans un magasin de sport avec Jeanne à l’autre bout du fil qui me conseille. Le 25 mai je suis chez elle dans le Berry, le 26 les hébergements sont réservés. Le 28 on est sur la route en direction du Puy-en-Velay. Le matin du samedi 28 mai, j’angoisse et j’ai mal au ventre. Je contrôle depuis des jours ce que je mange au gramme prêt pour être sûre de ne pas être malade sur le chemin mais rien à faire, quelque chose ne passe pas. Je constaterais plus tard que c’est surtout le départ qui ne « passe pas ».

Je suis atteinte d’endométriose. Cette maladie « à la mode » un peu incompréhensible. Elle me pourrit la vie depuis plusieurs années et m’a empêché de mener une vie normale ces derniers mois. En dehors de ce que tout le monde connait de cette affection, je développe des symptômes bien moins intéressants dont personne ne parle, même pas moi. Je reste prostrée chez moi à l’affût du moindre symptôme invalidant depuis des mois. Mon endométriose à moi elle prend la forme d’une énorme intoxication alimentaire qui me gâche la vie. Je ne peux plus sortir parce que je suis gelée en permanence et que le froid déclenche des crises. Je ne peux plus rien manger parce que rien ne passe. Je ne peux plus sortir parce que je ne suis pas à l’aise à l’idée d’être malade ailleurs que chez moi et en réalité quand on voit le quotidien dans lequel je vis, c’est complètement compréhensible. Jeanne en tout cas l’a compris. Elle prend la mesure du risque que j’accepte de prendre à ses côtés : me retrouver seule au milieu de nulle part avec une crise d’endométriose type intoxication alimentaire n’est ni confortable ni glamour. Mais elle accepte ce risque pour deux. Et pour palier à tous les maux, elle décide qu’on réduit le risque alimentaire en partant en autonomie : elle se trainera pendant 3 jours tout ce dont on a besoin pour manger (riz, conserve de thon, pain et nourriture adaptée sans gluten ni lactose). Elle comprend rapidement que les crises du samedi sont des crises de panique. Que je peux décider d’abandonner à tout moment et reste tellement calme qu’elle en devient contagieuse. A ses côtés, rien ne peut arriver.

Le chemin c’est la découverte de la vie en communauté avec l’arrivée au Donativo du Puy-en-Velay et de la bienveillance des pèlerins. Il n’y a plus aucune barrière sociale, tout le monde se tutoie, tout le monde présente les mêmes angoisses quant au chemin et la même sérénité absolue d’avoir fait le bon choix de se lancer dans cette épreuve. Le premier matin elle me demande si je veux aller à la bénédiction qui fait partie intégrante des départs. Je refuse et on part « à la fraîche » pour Monastier-sur-Gazeille. Ces 19 premiers kilomètres sont étonnants parce que je n’ai absolument aucune idée de ce qui m’attend et je découvre les rudiments de la randonnée : les bâtons de marche, la gestion de la topographie et de son propre corps. Je me souviens qu’elle m’avait dit « Tu verras, quand on marche, on n’a jamais froid », je n’ai quitté la veste de pluie qu’elle m’a prêté qu’à quelques rares occasions, généralement en montée. Saleté d’endométriose qui me congèle de l’intérieur. En toute honnêteté, je ne suis pas capable de regarder les paysages, je ne profite de rien. Je me concentre sur ce corps qui ne répond plus à rien depuis des années et qui enquille les kilomètres sans jamais daigner se réchauffer. L’arrivée est salvatrice, je suis comblée de joie et de douleur à l’idée que ça s’arrête enfin. C’était sans compter les jours qui ont suivis. La seconde étape était de 24 kilomètres. J’ai découvert l’existence du dénivelé positif, ce petit cachotier qui m’a enfin fait enlever ma veste et compter mon nombre de respirations. Les douleurs de la veille sont présentes mais pas insurmontables sur les 8 premiers kilomètres. Les 8 prochains se font dans la souffrance mais beaucoup de groupes se rejoignent sur des parties difficiles, escarpées, parfois « dangereuses » et les conseils, les rencontres et les discussions arrivent à faire avancer la machine. Les 8 dernières sont proches de l’enfer, c’est de début du chemin cathartique que j’attendais : pouvoir enfin ressentir la douleur physique qui prend le pas sur toutes les autres. Jeanne se propose de prendre mon sac sur quelques kilomètres pour que mon corps se reprenne. Je finis le chemin en pleurs et en sandales, mais il est fini. Et à notre arrivée, quelque chose d’exceptionnel nous arrive : on est acclamées. Toutes ces personnes croisées, celles avec lesquelles nous avons échangé quelques mots sont impressionnées que nous soyions arrivées, que nous l’ayons fait en si peu de temps au regard de la difficulté de l’étape. La bienveillance fuse telle des feux d’artifice, dans tous les sens, par tous. Quelque part, la douleur d’amenuise à force d’entendre des mots d’encouragement et de soutien. À chaque parole positive une ampoule disparait, si ce n’est sur les pieds, au moins dans le cœur. La solidarité de ces instants laisse sans voix, même moi c’est pour dire. Il y a quelque chose d’anesthésiant à la bonté. Et quelque part, je pense que si elle n’avait pas été là le chemin aurait été tout aussi douloureux pour le corps mais bien moins rassasiant pour l’esprit. Il y a cette certitude que je peux bougonner, crier, pleurer tout le chemin parce que ma sœur m’aime d’un amour incommensurable et qu’elle entend que toutes les douleurs de la vie viennent se concentrer sur ces quelques jours, comme boucher un entonnoir et n’ayant d’autres moyens de sortir que d’exploser pour ne pas me faire imploser. Et cette bienveillance de l’arrivée, la sympathie débonnaire de nos camarades vient remplir le cœur et l’esprit d’une nouvelle motivation pour attaquer les jours à venir. Mais cette expérience m’a aussi appris que le silence est salvateur. C’est sur la dernière étape complète que j’ai appris cela. Au dernier jour d’étape, je ne peux marcher sans boiter dès les premiers mètres. Les 6 premiers kilomètres se font dans l’optique de pouvoir trouver en chemin un miracle qui viendrait soit me couper les pieds soit ôter la douleur. Malgré les bons soins d’un pharmacien compétent, la douleur est restée et s’est accompagnée d’une nouvelle peur sur cette journée : la pluie. Si personne n’aime marcher sous la pluie, je n’ai pas su expliquer pourquoi elle m’était aussi anxiogène. Elle nous a frappé et j’ai décompensé. Plus aucun courage, plus aucun humour. Il n’y avait plus que cette eau autour de nous qui créait comme un mur contre lequel je ne pouvais rien faire. Une fois l’averse passée j’ai avancé comme une folle, trop vite, trop fort. Et Jeanne a décidé de briser le silence « Tu comptes avancer à ce rythme combien de temps ? ». Tel un animal blessé j’ai commencé par attaquer. Et le silence s’est à nouveau installé. Pesant de tout son poids et de toutes sa culpabilité sur mes épaules. Je ne peux pas me permettre de ralentir parce que j’ai une peur panique de reprendre la pluie. Parce que la pluie c’est le froid, que le froid c’est les crampes et que les crampes c’est la fin du chemin pour moi. La fin du challenge mais surtout la fin de mon combat contre la maladie. Je ne veux pas et je ne peux pas la laisser gagner alors il faut avancer avant qu’elle ne se réveille. Sauf qu’à vouloir se battre contre le temps absolu et nécessaires on s’épuise. C’est ainsi qu’à quelques kilomètres de la fin, après des heures de reniflements en règle je me suis écroulée. Ça arrive il parait. Il semble qu’on a le droit de jeter ses bâtons, de hurler, de craquer. Le ciel était menaçant, la dernière pluie avait 1 heure, mes jambes tremblaient de douleur, mes pieds avaient littéralement désertés la planète terre et j’étais là, à jeter mes bâtons sur le bas cotés d’une route de campagne, à genoux dans l’herbe à pleurer sans aucune honte, sans filtre ; Des pleurs qui apparaissent à la croisée de chemins fondamentaux. Il ne s’agissait pas de savoir si j’avais mal, si j’étais triste. Il s’agissait de savoir qui de moi ou de mon corps allait gagner cette bataille qu’on menait de front depuis 3 jours. Il parait qu’il ne faut pas se définir uniquement dans la maladie, mais lorsqu’elle est aussi envahissante et invalidante, elle est comme un bras qui ne répond de rien et qui décide de bouger de lui-même ; Qui nous fait renverser les choses sans le vouloir, qui nous retiens, qui décide de faire sécession. La croisée des chemins durant ces quelques minutes a été de choisir qui allait gagner. Il ne fallait pas faire un choix en désespoir de cause, il fallait choisir et décider de se battre pour qu’un des camps gagne, il fallait mettre fin à la diplomatie qui permettait la coexistence passive depuis des années. Faire taire cette peur pour avancer ou l’accepter pour toujours et décider de lever le pouce pour terminer ces 3 derniers kilomètres. J’avais dit à Jeanne que je refusais d’abandonner dès le premier jour et la première plainte mais je ne le pensais qu’à moitié. La croisée des chemins consistait à cesser de se mentir et de faire un choix ferme et définitif : avancer envers et contre tout ou accepter la souffrance et s’arrêter. Je me souviens des décharges qui se sont déversées dans tout ce corps meurtri, y compris dans des parties intactes de toutes blessure. Une sorte d’énergie cosmique qui, en un quart de seconde, fait qu’on se remet, vacillante, sur ses pieds, et qu’on décide d’avancer coûte que coûte. Mais ça n’a rien d’un film, on a toujours aussi mal, on est toujours à bout. Mais il y a comme une force inexpliquée qui nous pousse, comme l’aiguillon de Stevenson sur Modestine, il y a ce silence qui laisse la place au choix éclairé et personnel d’avancer. On sous-estime trop souvent la force du silence, même lorsqu’il habite deux personnes côte à côte. Le silence dont Jeanne a fait preuve ce jour là a été l’espace de choix, le néant nécessaire à la prise d’une décision ferme. Comme s’il venait dire qu’elle serait toujours à mes côtés mais qu’elle ne pouvait pas décider pour moi. Elle aurait pu dire « Je vais t’aider, je vais porter ton sac, on va y arriver » mais elle savait qu’elle ne devait pas être dans l’équation à ce moment-là. Elle savait que je savais tout ce qu’elle pourrait dire, mais qu’à cet instant l’effort n’appartenait qu’à moi.

Sur le départ au Puy-en-Velay.

Pendant 3 jours, j’ai entendu les gens dire que je venais rejoindre le rang des aventurières. Et j’ai clamé haut et fort que je n’avais jamais voulu en être et je le revendique encore. J’ai voulu découvrir ce que ma sœur vivait pendant ces marches. Je ne pense pas l’avoir trouvé. Je pense que je ne le trouverais jamais. Mais elle m’a offert bien plus que d’entrer dans sa peau d’aventurière, elle m’a donné l’opportunité d’entrer dans la mienne…

Merci !

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3 jours de randonnée sur le Chemin de Stevenson.

Le chemin de Stevenson (ou GR 70) est un merveilleux tracé à travers les Cévennes. J’ai entrepris ces quelques jours de marche avec ma petite sœur.

Durant ma semaine d’itinérance, mi-mai, je me suis rendue compte que je voulais partager mes pérégrinations avec mes proches. Alors c’est avec grand plaisir que j’ai accepté lorsque, Perrine, ma petite sœur, m’a proposé de m’accompagner sur quelques jours.

Ce fut une expérience hors du commun, mais vous le découvrirez avec ses propres mots.

Si, à cela, on rajoute le fait que l’on part du Puy-en-Velay, cette ville qui a vue naître celle liberté qui me transporte depuis 3 ans, l’émotion était au rendez-vous.

Puis le chemin débute et la rando recèle de merveilleuses petites surprises tout au long de l’itinéraire. Les paysages sont canons, les autres randonneurs sont particulièrement bienveillants et les hébergeurs très sympas. Le combo gagnant pour renouer avec des sensations qui m’avaient beaucoup manqué.

Que du bonheur !

Bon, pour Perrine, c’est une autre paire de manche, elle découvre les difficultés de la rando, le poids du sac, les ampoules et la vie en extérieur. Elle s’accroche, elle repousse ses limites et elle se motive alors qu’elle n’accroche vraiment pas à tout cela ! Mais elle le fait. Et je suis sûre qu’elle en ressent une certaine fierté.

Les douleurs de pieds n’auront pas eu raison d’elle, ni les pleurs et encore moi la pluie ! Elle l’a fait !

Que dire de ma propre fierté à la voir évoluer dans ce monde de sportifs et d’amoureux de nature ? Je suis estomaquée par son humour, sa force de caractère et son envie de se surpasser kilomètres après kilomètres !

Cette femme de 30 ans est la preuve vivante que la randonnée est faite pour tous et toutes. Et qu’au-delà de la maladie, nous pouvons accomplir de belles choses !

Alors merci à elle d’avoir outrepassé ses peurs pour découvrir ce monde qu’est le mien. Il me tarde que vous découvriez son propre texte sur ces quelques jours partagés.

À tout bientôt pour de nouvelles aventures de cet été 2022.

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Première et seule semaine sur le Berry-Portugal

Le début de l’aventure fut bizarre, je l’admets. Peut-être suis-je partie trop tôt ? Pas assez prête dans ma tête ? Le fait est que je n’ai pas réussi à rentrer comme il se doit dans ce genre d’aventure.

Il m’a fallu débuter les premiers kilomètres sans le sac pour être sûre que mon dos tiendrait le choc. Puis j’ai fait ma première journée de marche, en oubliant toute ma nourriture. Bref, la galère.

Dimanche, j’ai donc décidé de rester chez au calme (après 2 jours, je ne suis qu’à 40 km de chez moi) histoire de passer une dernière journée avec mon mari et laisser mes pieds et mon dos se remettent de leurs premières journées de rando. Que d’aventures !

Je dois bien avouer que je ne suis pas armée pour les au revoir. C’est un crève-cœur dont je peine à me relever. S’en suis alors quelques jours de désert émotionnel, car je me rends bien compte que je suis incapable de faire face à la peine et l’accueillir sans que ça me blesse.

Partir de la maison n’était clairement pas une bonne idée. À chaque pas, je me dis que je peux faire demi-tour. Qu’il n’est pas trop tard pour rentrer à la maison et retrouver les bras de celui que je fais souffrir par mon absence.

Et puis les jours ont passé, les pensées n’ont cessé de m’assaillir. J’étais incapable de profiter de cette aventure. Dans l’impossibilité de me nourrir du début de cette aventure, me laissant accabler par la mélancolie au lieu de marcher la tête haute, j’ai pris la décision d’arrêter.

Ça me semblait être l’unique solution sur le coup ; ça m’a soulagé. J’aurais mille autres raisons à incomber pour expliquer ce retour, car les signes avant-coureurs étaient particulièrement nombreux. Mais la seule qui vaille la peine d’être abordée est que je le ressentais. Il me fallait revenir. Quitte à décevoir certaines personnes, je ressentais le besoin de cesser ce projet que j’avais mis tant de temps à élaborer, à construire et à produire.

Mais c’est ainsi. Cette histoire de mon voyage n’est que le commencement. Demain, débutera une nouvelle aventure. Et après demain, vous et moi, aurons oublié ce triste échec pour repartir dans de jolis projets.

Alors disons que ce n’est que partie remise. Un peu compliqué à digérer pour le moment, mais cela passera. Et avec le recul, je me rendrais compte que j’ai beaucoup appris de ce contretemps et qu’il m’a mené vers de très beaux moments.

A très bientôt pour de nouvelles aventures.

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Que mange-t-on sur le FET ?

Le France Est Trail, c’est, les 1 200 premiers kilomètres, de la campagne. Ce qui signifie que je passais régulièrement dans de petits villages qui hébergeaient un café, une boulangerie et/ou une petite épicerie. Ces lieux permettent respectivement de se sustenter si besoin.

Le covid a fait un peu de dégâts dans les commerces de proximité et c’est à déplorer. Evidemment, pour moi, car je peinais, par moment, à trouver de la nourriture. Mais surtout pour les habitants isolés de ces campagnes dont le bistrot ou la boulangerie étaient des lieux sociaux avant tout. Ces commerces sont des endroits où les gens se retrouvent, font attention les uns aux autres et se soutiennent. Ce n’est absolument pas négligeable et c’est très triste que l’on accepte, sans rien dire, qu’ils ferment pour laisser place à de grands supermarchés froids et sans âme.

Ensuite, j’ai attaqué les Vosges et le Club vosgien fait passer le tracé à travers de jolis petits villages où il y a de quoi se nourrir. Puis les Crêtes vosgiennes mettent à disposition tout un tas de fermes-auberges où il fait bon manger un plat cuisiné avec amour (et beaucoup de fromage).

Dans le Jura, il faut surtout compter sur sa capacité à porter de l’eau et de la nourriture, car les villages sont assez loin les uns des autres. Mais rien d’infaisable avec une certaine habitude d’autonomie ça se passe très bien.

Quant aux Alpes, il y a de nombreux refuges et quelques villages en vallée, donc vous pouvez compter dessus pour manger une bonne part de tarte à la myrtille ou un merveilleux chocolat chaud, et même trouver du fromage dans les fermes d’alpages.

Voilà, vous savez tout. Enfin, si vous avez des questions, n’hésitez pas.

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La liste de mon matériel 2022

D’année en année, je peaufine le contenu de mon sac. Je teste de nouvelles marques, je fais des découvertes, je regrette ou j’adhère. Bref, je continue d’expérimenter et je vous fais part du nouveau contenu de mon sac.

Cette année est particulière car je dois changer deux gros items : tente et sac à dos. C’est quand même ma carapace et ma maison qu’il faut tester dans des conditions pas toujours simples, mais avant tout, il faut leurs faire confiance.

Je dois sortir un peu plus de ma zone de confort pour cette fois. Je vous ferais un retour sur ce tout nouveau matériel. J’espère que ça vous aidera.

Voilà un petit détail de ma « Gear list ». Je ne cesse de la faire évoluer, donc il se peut, qu’au retour, beaucoup de choses changent. En attendant, j’espère que ça vous aidera, pour vos futurs sacs et randonnées.

Sur les divers itinéraires sillonnés en 2022, j’ai modifié ponctuellement mon sac.

En particulier le matériel d’autonomie : nourriture, tente, sac de couchage, etc. Pour le reste, c’est toujours la même danse.

C’est tout de même un sacré confort de faire confiance à son matériel et de partir de projet en projet sans douter de ce que l’on met dans son sac.

PORTAGE :

Sac de randonnée Instinct 65L + 15L // FERRINO1100
Sacs étanches pour vêtements et couchage – Sac Dry Ultra Light200
POIDS TOTAL1300

HEBERGEMENT :

Tente 2 places Tiger wall 2 carbon, sardines, 1 tapis de protection // BIG AGNES943
Matelas – Neoair Xlite // THERMAREST + Kit de réparation375
Sac de couchage Chill Out 650 // VALLANDRE + drap de soie + pochette de rangement1235
POIDS TOTAL2553

HABILLEMENT :

1 pantalon de pluie // MAMMUT295
1 Doudoune // LAGOPED315
1 paire de chaussures – Dragontrail G-dry// GARMONT + semelles880
1 pantalon de marche fin // MAMMUT297
Veste soft shell // LAGOPED500
Short // ICEBREAKER100
t-shirt // ICEBREAKER120
1 paire de guetre anti-pluie // TREKMATES180
1 t-shirt à manches longues / ICEBREAKER200
1 casquette // ICEBREAKER95
Soutif sport // ICEBREAKER70
2 culottes // ICEBREAKER90
1 paire de chaussettes basses // MONNET23
1 paire de chaussettes de randonnée // ICEBREAKER65
1 paire de chaussettes de récupération pour la nuit – Full socks // COMPRESSPORT55
1 paire de gants contre la pluie – Impulse // WINDPLUS64
Serviette Microfibre ultralite // PACKTOWL + sachet97
1 tour de cou midweight merino // BUFF32
1 paire de lunettes de soleil Heron Glacier avec étui // VALLON CLASSICS102
1 paire de chaussures pour soir // CROCS296
2 bâtons de randonnée – Flasklock Ambre carbone // GUIDETTI480
POIDS TOTAL4356

TROUSSE DE TOILETTE & PHARMACIE :

Mini filtre SAWYER // CARE PLUS65
Boules Quies // MERCUROCHROME12
Dentifrice + brosse à dent140
Savon solide100
Crème solaire //45
Strap + crème + compex + compresse + Ciseau + pince épilée + lime à ongle134
Huile d’arnica115
Doliprane / Vogalib / Rennie / Spasfond et médicamants allergie + boite + necessaire couture + 2 elastiques chvx + gourde sérum phy80
PQ + pochette132
Truelle / SEATOSUMMIT86
Lingettes intimes137
Serviettes hygienique et/ou protege slip66
Coton tige et cotons22
POIDS TOTAL1134

CUISINE :

1 couteau + cuillère + popotte + récgaud + support bouteille + bouteille gaz + briquet + sac étanche620
Camel Bag 2L // OSPREY70
POIDS TOTAL690

NOURRITURE :

Coursous + pochette vrac900
Graines + pochette vrac300
Barres céréales + sac600
Granola + pochette vrac500
POIDS TOTAL2300

DIVERS :

Smartphone + coque – Iphone 11 Pro // APPLE221
Cordelette (5m) + écouteurs + fil et chargeur double entrées + Power bank + lampe frontale440
Tote bag64
Montre78
Mini balise GPS // GARMIN113
Scotch chaterton (sur bâtons)10
Couverture de survie + pochette62
Carnet + crayon + livre + papier origami + 2 pochettes plastique443
2 mousquetons22
Bombe au poivre40
Masque tissu // SUMMIT OUTDOOR5
CB + Liquide + pochette (ZPACKS)85
POIDS TOTAL1583

Ce qui fait un total de 2,5 kg sur moi. Et 11,5kg sur mes épaules.

A cela, il faut rajouter 1 litre d’eau.

Ce qui fait un total de 12,5kg sur le dos ! Avec une autonomie en nourriture de 3-4 jours.

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Mes sponsors 2022

Dans un souci de totale transparence avec vous, je me dois de vous dire qu’elles sont les marques qui me soutiennent pour cette nouvelle aventure.

Pour deux raisons : tout d’abord, car elles me donnent du matériel et qu’elles me font donc confiance. Je vais tester ce matériel durant ma rando et je vous ferais un retour d’expérience, promis ! Ensuite, car je crois en ces entreprises, ce sont de plus ou moins grosses structures qui font de leur mieux pour créer et vendre des objets de meilleure qualité.

À mesure que les années passent, que les projets voient le jour et se concrétisent, et que le nombre de personnes qui s’intéressent à mes projets augmente, les sponsors sont un peu plus nombreux à me soutenir. Loin de moi l’idée de vous dire que c’est aisé, bien au contraire. Trouver des sponsors, c’est envoyer beaucoup de mails, passer beaucoup de temps au téléphone, relancer de nombreuses entreprises pour la plupart du temps, des réponses négatives. Mais de temps en temps ça fonctionne. Je tiens donc à remercier les 11 entreprises qui croient en mon projet cette année encore.

Dans l’ordre alphabétique :

  • Crocs : Bon d’accord, il y a plus glamour que ces chaussures, mais quel plaisir d’y glisser ses pieds en fin de journée. La marque aux sabots en plastique me soutient. Après le modèle rose qui m’a accompagné dans toutes mes pérégrinations, une nouvelle couleur vous attend pour ce nouveau périple.
  • Icebreaker : Nombreux ceux qui connaissent cette marque. Issue de Nouvelle-Zélande, cette marque promeut les vêtements en fibre naturelle depuis 1995.
  • Fédération Française de randonnée : On ne peut pas dire que ce soit vraiment un sponsor, mais l’équipe de la FFR me permet d’obtenir plus aisément de l’information, au travers de leurs topoguides ; alors pourquoi ne pas les citer ici.
  • Ferrino : Il s’agit d’une marque italienne spécialisée dans la matériel outdoor. De qualité et européenne, je vais tester leur sac à dos.
J’en suis devenue ambassadrice.
  • Garmont : Marque italienne fabricant des chaussures de randonnées depuis longtemps.
  • Guidetti : Entreprise française, depuis 1994, proposant des bâtons de randonnées conçus, fabriqués et façonnés en France.
  • Kalkhoff : Il s’agit d’une entreprise allemande, depuis 1919, proposant des vélos électriques d’une super qualité.
  • Lagoded : Entreprise française fondée, depuis 2017, par des passionnés de montagne, cette marque propose des vêtements fait en matériaux recyclés, en Europe.
J’y ai rejoint la team ambassadeur.
  • Miam Miam dodo : Edité par la maison d’édition du vieux crayon, cet ouvrage est la référence des topoguides sur les chemins de Compostelle.
  • Monnet : Cette marque de chaussettes propose des vêtements de qualité, fabriqués en France. Grâce à elle, mes pieds vont être à l’abris des ampoules (enfin, je l’espère).
  • Polar : Crée depuis 1977, c’est la seule entreprise de montre connectée qui a crue en moi et qui me fait confiance pour tester leur matériel dans des conditions loin d’être agréables.
  • Vallon : Cette marque néerlandaise de lunettes de soleil, essaie de proposer des modèles chouettes, de qualité et surtout avec un impact le moins important possible.
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Bilan de la seizième semaine

Arrivée à Menton, 2 807 km parcourus, 109 jours, 11 day off, 60 000 m de dénivelé, 38 grues, 8 lavage de cheveux, 9 lessives, 3 trous dans mon matelas, 15 départements traversés, 4 pays foulés, 2 paires de chaussures et chaussettes usées, 3 t-shirts, 1 semaine à la maison non prévue, un peu de sable de la mer du nord qui se retrouve en Méditerranée.

Mais surtout des rencontres magiques, des paysages à couper le souffle, quelques coups de mou et une aventure extraordinaire.

En ce début de semaine, je sens la fin de l’aventure approcher à grands pas. J’avais hâte de terminer, il y a quelques jours. Mais plus le temps passe et plus je ralentis la cadence. J’ai besoin de profiter des derniers instants sur ce chemin…

D’autant plus que le Mercantour et la vallée des merveilles me concoctent de belles surprises.

Je passe de lits de rivières totalement détruits par la tempête de l’année dernière, à des plateaux herbeux, en passant par des pierriers interminables mais chouettes.

Cette aventure fut extraordinaire de rencontres, de découvertes et d’expériences… Bien qu’elle ait été aussi belle que dure, je suis heureuse d’avoir eu la chance de me lancer dans une telle épopée.

Elle a été si différente du départ de Dunkerque à l’arrivée à Menton. J’ai expérimenté tant de paysages, je me suis découverte une force de caractère et une ténacité sans précédent, j’ai eu la chance de voir bon nombre d’animaux qu’on ne voit qu’en photo… Bref, j’en ai « chié » mais ça valait largement le coup !

Aurais-je attaqué cette aventure si j’avais su combien ça allait être dur ? Probablement pas ! Mais par chance, je n’en savais rien et j’ai eu la plus belle des surprises en découvrant que ça peut être encore plus beau que ce qu’on imagine lorsque l’on va chercher au plus profond de soi pour continuer d’avancer… Pas après pas, kilomètre après kilomètre.

Il m’est difficile de faire un résumé de ces 16 semaines de marche. J’ai tant appris, tant vue, tant découvert… Je ne m’imaginais pas, en foulant l’asphalte de Dunkerque, vivre tout cela. Une randonnée au long cours, c’est exactement ça : ne pas savoir où l’on met les pieds, mais se lever chaque jour avec l’envie d’avancer un peu plus. Repousser ses limites, sortir de sa zone de confort (quotidiennement), mais aussi s’écouter, se délecter de paysages insoupçonnés et profiter !

Cette fois-ci, j’avoue que je m’attaquais à un sacré challenge ! Les montagnes ! On met un nom sur ces zones géographies, mais peu en connaissent vraiment les paysages, les dénivelés, les difficultés et les beautés ! Pour moi, c’était 3 noms : Vosges, Jura et Alpes. Sans savoir où vraiment c’était, ce que ça comprenait et ce qui m’y attendait ! J’y ai découvert trois massifs totalement différents mais tout aussi beaux les uns que les autres.

Je m’y suis trouvée. Moi qui n’avais jamais vraiment marché en montagne, encore moins bivouaqué ou ne serais-ce que manger une crêpe en refuge !

J’ai tout découvert de la montagne : pluie, vent, orage, abris gardés ou non gardés, névés, patous, cols, sommets, altitude, dénivelés positifs et négatifs et tant d’autres choses… Bref, c’était magique !

Mais surtout, j’y ai expérimenté une France merveilleuse de gentillesse, de bienveillance et de beauté à travers ses habitants !

Ainsi qu’une histoire forte ; des bunkers du Nord aux fortifications Vauban, en passant par la ligne Maginot, les vallées sidérurgiques et minières abandonnées et les châteaux vosgiens.

Alors Merci !

Merci à mon corps, une fois de plus, de m’avoir porté jusque-là !

Merci à ma famille de croire en chacune de mes aventures même si ce n’est jamais simple de l’accepter.

Merci à mes amis d’être un pilier nécessaire à mon équilibre et de me remettre dans le droit chemin quand je m’égare.

Merci à mes sponsors de croire en moi et de me fournir de quoi randonner !

Et surtout, merci à toutes ces familles qui, souvent, pour la première fois, ont accueilli une inconnue chez eux. Merci pour ces discussions et ces moments de partage. Merci pour vos repas, vos lits douillets et votre gentillesse. Merci d’avoir ponctué mes pérégrinations d’un moment familial.

CLAP DE FIN

Le petit point dodo :

30.08.21 – Le Boréon : Chez Nicolas,

31.08.21 – Vallée des merveilles : Refuge de Nice,

01.09.21 – Le camp d’argent : Gite d’étape les estives,

02.09.21 – Plan du lion : bivouac,

03.09.21 – FIN.

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Bilan de la quinzième semaine

Après 15 jours sur le GTA, je me dis qu’il est temps de faire une pause. Les jambes sont lourdes, la fatigue s’installe et je n’arrive plus trop à profiter de chaque instant ! Il faut donc prendre du temps pour récupérer et repartir de plus belle. Après tout, c’est presque la fin, je n’ai pas envie de tout bâcler !

Par contre, je perds mes acolytes de rando. Ça fait tout bizarre de les laisser partir sans moi, mais je suis contente de me prendre un peu de temps, pour d’autant plus profiter de la suite.

Ce ne sera pas 1 mais 2 jours de repos que je m’octroie pour mon 100ème jour de rando. Quel plaisir de prendre un peu de temps sans penser article de blog, gestion des étapes, etc.

La motivation n’est pas vraiment au rendez-vous, mais je repars tout de même… Après avoir laissé passer l’orage. La remise en jambe n’est pas des plus simple, mais je fais tout de même de jolies étapes et j’en prends plein les yeux. Le Queyras, l’Ubaye et le Mercantour m’accueillent comme il se doit.

Avec, leurs marmottes et leurs patous. Je me fais d’ailleurs chahuter à la première rencontre par 3 molosses pas bien commode à 8h du mat’. Pas très rassurée, je continue ma route et je me rabiboche avec d’autres dès le lendemain matin. Merci à Yannick d’avoir 10 chiens merveilleux qui prennent soin de son troupeau, sans sauter sur les randonneurs.

Durant cette semaine, j’ai eu la chance de rencontrer des bergers : Claude et Prosper. Tout deux, d’un certain âge, ce qui rend la discussion d’autant plus extraordinaire. J’ai pu découvrir leur vocation, mais aussi l’intérêt de ces gros chiens pas très bien lunés et l’impact factuel du retour du loup dans cette région. Quelle abnégation que ces métiers d’éleveurs et d’agriculteurs. Je suis toujours estomaquée par leur force et leur amour pour ce métier si difficile. Mais surtout, merci, à eux de le faire perdurer, c’est incroyable.

Je pensais être débarrassée du mauvais temps une fois arrivée en région PACA… Pensez-vous ! Les orages ne cessent de menacer. Et après un orage en montagne, on apprend qu’il faut se mettre à l’abri quand il se pointe.

Mais surtout, je ne sais pas encore si je vais jusqu’à Menton ou Nice. C’est encore une fois ces fichus orages qui décideront de la route à suivre dans les prochains jours. Quelle aventure ! J’en aurais appris des choses depuis le 18 mai !

Ce qui est sure, c’est que l’aventure est belle.

Le petit point dodo :

23.08.21 – Ceillac : Chez ma tante,

24.08.21 – Ceillac : Chez ma tante,

25.08.21 – Ceillac : Chez ma tante,

26.08.21 – Aux alentours du lac plate lombarde : bivouac,

27.08.21 – Bousseyas : bivouac,

28.08.21 – Roya : refuge de Roya,

29.08.21 – St Sauveur sur Tinée : gîte d’étape communal.

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Bilan de la quatorzième semaine

2 517 km parcourus, 8ème lavage de cheveux et lessive, premiers névés foulés, premier bivouac à plus de 2500 m d’altitude, traversée de la Vanoise, première fois que la tente est gelée au réveil, premier sommet à plus de 3100 m, une sacrée expérience.

Le GR 5 reste un chemin bien plus emprunté que tout ce que j’ai pu faire jusqu’alors. Évidemment ce n’est pas le Tour du Mont Blanc que j’ai croisé pendant quelques étapes, mais ce GR a sa petite renommée et j’y croise tout plein de gens.

C’est agréable de recroiser des têtes connues, de discuter avec des gens et de cheminer avec d’autres.

En quelques jours, nous constituons un petit groupe bien rigolo avec lequel nous avançons d’un bon pas et à un rythme qui me plaît bien. Je ne perds pas de vue mon objectif : la mer ! Faut-il traverser de nombreuses montagnes pour cela… Et je dois bien avouer que c’est dur, alors avec de la compagnie, c’est plutôt chouette.

Cette seconde semaine dans les montagnes me propose tout un tas de nouveautés… Dont un réveil à 2500 mètres d’altitude avec ma tente gelée. C’était frais mais surtout très surprenant. J’y ai vu mes premiers edelweiss. J’ai aussi traversé le parc national de la Vanoise aux paysages plus dingue les uns que les autres.

J’ai eu la chance de croiser un sacré paquet de marmottes et de bouquetins… J’ai été survolée par de gros rapaces. Et j’ai vu tout plein de vaches et de moutons en alpage.

J’ai aussi mangé un café gourmand en pleine montagne, marché sur des névés, découvert un glacier, grimpé sur un sommet à plus de 3190 m…

Bref, ce fut une semaine intense en nouveauté encore une fois.

Cependant je fais le deuil du tour du Mont Blanc, de celui du Queyras ou encore de l’Ubaye. Cette traversée des Alpes se suffit à elle-même, je n’ai pas envie d’en rajouter.

Le Queyras.

Mais c’est merveilleux, à tout bientôt pour le prochain résumé haut en paysages à mon avis.

Le petit point dodo :

16.08.21 – Le refuge de Rosuel : Chez Julie et Olivier,

17.08.21 – Le refuge de la leisse : bivouac ,

18.08.21 – Le refuge de Plan-sec : bivouac,

19.08.21 – La Loza : bivouac,

20.08.21 – Chalets de Thunes : bivouac,

21.07.21 – La vachette : bivouac,

22.08.21 – Le lac de Roue : bivouac.

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Bilan de la treizième semaine

2 317 km parcourus, premier bivouac à 2000 m d’altitude, premiers cols à plus de 2000 m, beaucoup de montées et de descentes, première semaine dans les Alpes, premier orage de montagne, c’est magnifique, un pur régal, mais c’est dur !

À quelques heures d’un orage de montagne faramineux !

Une semaine de haut et de bas familiaux, hospitaliers et organisationnels pour enfin retourner sur la tant attendue, mais crainte, GTA !

Il n’a pas été aisé de retourner parmi les miens, de couper avec la rando et de reprendre un rythme de vie « normal ».

Puis de tout quitter, de nouveau, pour sauter dans des trains et refaire face à ces montagnes quittées une semaine plus tôt.

Mais, lundi 9 août 2021, 13h30, j’y suis !

Me souviendrais-je, après l’avoir fait, de l’appréhension qui m’habitait ? De l’impatience, mais aussi de l’incertitude d’attaquer cette dernière partie du voyage… et pas des moindres !

650 km, 30 000 mètres de dénivelé positif et tout cela en espérant que le temps soit clément.

Vais-je en être capable ? Quel sentiment ces paysages (inconnus) vont me procurer ? Vais-je rencontrer du monde ? Comment vais-je faire pour l’eau ? Et les bivouacs ?

En même temps, ça a l’air si dingue ! Aller Jeanne, attaque, tu verras ensuite !

Ça sera la semaine des premières : sommets à plus de 2000 m, bivouac à plus de 2000 m, dodo en refuge, orage de montagne (très flippant), dénivelés positifs et négatifs jusqu’alors jamais imaginés faisables en une journée… Mais c’est très chouette.

Je m’excuse par avance pour le retard pris sur les réseaux sociaux et sur ce blog. Le réseau est vraiment très léger voir inexistant et j’avoue ne pas avoir beaucoup de batterie. Je suis donc plutôt discrète ces derniers temps, mais pourtant, je pense à vous écrire mes petites aventures, j’ai juste du mal à vous les partager.

J’espère réussir à être un peu plus présente ces prochains temps. Sinon je prendrais le temps de tous vous répondre à la fin de ce voyage. Quoi qu’il en soit, merci pour votre soutien et votre gentillesse ces derniers temps, ça m’a beaucoup touché.

Le petit point dodo :

09.08.21 – Chalets de bise : refuge de bise,

10.08.21 – Chalet de Chésery : bivouac,

11.08.21 – Salvagny : bivouac,

12.08.21 – Chalets d’Arlevé : bivouac,

13.08.21 – Col de Voza : bivouac,

14.07.21 – Refuge de la Balme : bivouac,

15.08.21 – Refuge de la Balme tarentaise.

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Bilan de la douxième semaine

2 157 km parcourus, au pied des Alpes, arrivée à St Gingolph, une seule journée de marche, repartie auprès de ma famille, une semaine à retenir son souffle, mais rassurée, bientôt de retour sur les chemins !

À deux pas de St Gingolph.

La semaine dernière a été forte en émotion. 4 jours d’arrêt après avoir puisé tout au fond de mon corps les dernières ressources d’énergie. Épuisée, il m’a fallu pas mal de temps pour récupérer, mais surtout pour me relancer.

Mais ces quelques jours de break m’ont permis de remettre à sa place cette aventure ! Les exemples que nous côtoyons ne peuvent pas prendre plus de place que nos propres besoins. Alors si ils ont besoin de 3 jours pour récupérer mais moi 4, autant écouter mon corps ; car c’est lui qui me portera quand je serais à 2 000 m dans le froid et la pluie !

L’arrivée à St Gingolph.

Et puis, toute cette aventure, ça doit être du bonheur ! Et j’ai envie d’en profiter chaque seconde ! Je n’aurai plus jamais l’occasion de vivre pour la première fois tout ça. De découvrir l’anxiété face à ces montagnes immenses que sont les Alpes, mais aussi l’excitation. Avoir envie d’entreprendre cette « dernière ligne droite » mais avoir besoin de récupérer ! Tout cela est l’aventure, mais surtout ça me remet à ma place d’être humain et ça calme mon petit orgueil de chalengeuse et de sportive ! Même si ça a été compliqué, ça me permet d’attaquer cette nouvelle semaine plus sereine et ça n’a pas de prix au final !

J’arrive donc en début de semaine à St Gingolph, aux pieds des Alpes. Le point de départ de la Grande Traversée des Alpes. Quelques heures plus tôt, j’apprends que mon papa, hospitalisé depuis la veille, ne sortira pas aussi rapidement que « prévu ». Je prends donc la décision de mettre sur pause mon aventure pour retourner auprès des miens.

Mes projets de randonnée ne me font pas oublier le plus important, la famille. Et bien que souvent loin, je ne peux que les faire passer en priorité lorsque la situation le demande.

Ça n’a pas pour autant été facile de prendre cette décision. Mais ça me semblait être une évidence même si je touchais du bout des doigts ces montagnes qui me font de l’œil depuis le départ.

Alors je mets de nouveau un petit mouchoir sur mon orgueil et sur mes plans pour sauter dans un bateau, puis 3 trains avant de retrouver ma famille.

J’espère revenir tout rapidement sur les chemins. En attendant, n’oubliez pas que c’est faisable et que nous avons tous en nous la possibilité de le faire.

Accueillons les événements inattendus comme les belles rencontres pour grandir de cette expérience de vie hors du commun. Et puis, j’ai tendance à penser que le destin fait bien les choses. Il y a donc une raison à tout cela.

À tout bientôt.

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Bilan de la onzième semaine

2126 km parcourus, arrivée en Suisse, 4 jours de pause, organisation de la traversée des Alpes, 7ème lavage de cheveux et lessive, 9e day off, reprise de la rando, tour du lac Leman, arrivée à St Gingolph, aux pieds des Alpes, mauvaise nouvelle juste avant le départ sur la GTA.

Deux semaines et demi… C’est le temps entre mes 2 derniers jours off ! Et c’est trop !

Surtout si on revient sur ces 18 derniers jours : beaucoup de pluie, le Doubs en crue et le stress que ça engendre en terme de gestion de la vie, des étapes, de ses propres peurs, etc.

Puis, dans la foulée, la traversée du Jura et ses crêtes au dénivelé quotidien aux alentours de 1200 mètres de dénivelé positif et négatif.

Si on rajoute les 50 premiers jours de randonnée très souvent sous la pluie aussi, avec une fenêtre de beau temps caniculaire. On ne peut pas dire que j’ai été gâtée avec la météo. Et ça joue beaucoup, sur le moral mais aussi physiquement.

Alors est ce que ces 4 jours de repos étaient de trop ? Je ne pense pas ! Mais là encore ça a été une bataille avec moi-même d’accepter de m’arrêter (plus que prévu qui plus est) !

Mais comment en suis-je arrivée à ce point de fatigue ?

En fin de semaine dernière, je sentais clairement qu’il me fallait arrêter. Mais la météo me permettait d’avancer encore et j’ai poussé au-delà de mes limites pour rallier Genève en début de cette onzième semaine !

Dernières journées de marche avant quelques jours de pause (pour me requinquer, en famille). Je me mets en mode automatique et marche jusqu’à la nuit, dimanche soir dernier. Puis je repars aux aurores pour terminer cette étape au plutôt et enfin me reposer !

2 jours à marcher 40 km pour enfin pouvoir laver mes affaires, prendre une douche, dormir dans un lit, soigner les bobos qui se sont installés et manger !

J’en profite pour trouver de nouvelles chaussures et un nouveau t-shirt, récupérer des affaires envoyées par Tancrède à Thonon et trouver des informations sur le chemin à venir et les traiter.

Bref, je me prépare car, « le plus dur reste à venir », comme dit tout le monde ! C’est un peu stressant, soit dit en passant. Mais je décide de ne pas m’arrêter aux peurs des uns et des autres et d’oser, de suivre mon chemin et de me faire confiance.

La marche est magnifique, l’expérience est extraordinaire ; mais par moment, ça peut aussi être très dur. C’est à ce moment précis qu’il faut s’accrocher, ne rien lâcher et croire en ses rêves !

Croire en soi !

Et pourtant ça a été compliqué ces derniers temps. Je me suis même demandée si je repartais. Être à l’abri chez ma famille, se faire chouchouter, se reposer ! Enfin ! Faire abstraction de la météo, du pass sanitaire… C’était chouette !

Et pourtant, je ne coupais pas avec l’organisation de mon chemin, le matériel, les étapes, les possibilités, les kilomètres, le dénivelé ! Bref, il m’a fallu 3 jours pour enfin sombrer et dormir presque toute la journée.

Et après de nombreuses discussions et réflexions, j’ai accepté de prendre une journée de rab pour vraiment être prête et repartir en profitant de tout ce chemin qui m’attend !

Mais qu’il est dur de couper, qu’il est compliqué de lâcher du lest ! Comme c’est violent de sortir de son propre « planning » pour écouter son corps, se faire confiance et ne repartir que quand on l’a décidé ! J’aurai encore tant à dire sur ces 4 jours de repos qui ont été déstabilisants, mais qui m’ont appris beaucoup au final.

Mais revenons à l’aventure… Car oui, j’ai ré attaqué le chemin, de Genève, samedi matin. Laurent, rencontré en Bretagne, me rejoint pour une journée. Quel plaisir de partager mon retour sur mes chemins en sa compagnie. Nous avons tant à nous raconter que les 33 km de cette première journée passent tout simplement. D’accord, en fin de journée, nous sentons plus que d’ordinaire nos jambes et nos pieds. Mais nous découvrons avec délectation Yvoire, à deux, et ça n’a pas de prix.

Puis je repars dimanche pour Thonon afin de conclure cette semaine presque aux pieds des Alpes.

À moi la grande aventure.

Le petit point dodo :

26.07.21 – Vevey : Chez ma cousine,

27.07.21 – Vevey : Chez ma cousine,

28.07.21 – Vevey : Chez ma cousine,

29.07.21 – Vevey : Chez ma cousine,

30.07.21 – Vevey : Chez ma cousine,

21.07.21 – Yvoire : Chez Seb et Virginie,

01.08.21 – Marin : Chez Célestine.

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Bilan de la dixième semaine

2018 km parcourus, bercée par les cloches des vaches, première rencontre avec un patou, fromages de dingue, changement de cap, routes des crêtes du Jura, premier bivouac à plus de 1500 m, portage de 5L d’eau, fin de la GTJ, retour vers la Suisse par le GR 65, de nouveau sur le chemin de Compostelle, est-ce que je continue avec les nouvelles règles sanitaires ?

Cette semaine est haute en couleur. Le soleil rend l’aventure tout bonnement parfaite. Après ces 3 dernières semaines de grosses difficultés, il faut bien avouer que c’est un régal que de marcher dans ces conditions. Ne pas avoir à calculer pour toujours trouver un abri, se laisser porter par les paysages, les terrasses et les rencontres… Avoir la liberté d’esprit de bivouaquer sans avoir peur de l’orage, de la pluie diluvienne et du froid, quel privilège !

Les paysages bucoliques du haut Doubs s’offrent à nous et c’est tout simplement merveilleux !

Pour conclure ces quelques jours à longer le Doubs (en crue), j’arrive à sa source, sous le soleil. Ça clôt une parenthèse qui fut vraiment compliquée dans ce voyage.

Après avoir longé la frontière suisse pendant 10 jours, je dois choisir entre, passer cette dernière, traverser le lac Leman et être dans moins d’une semaine aux pieds des Alpes… Ou continuer la Grande Traversée du Jura, remonter vers Genève et rallonger de 7, voir 10, jours mon périple pour « enfin » être aux pieds des Alpes !

Daniel me quitte sur ces pensées, en milieu de semaine. Merci à toi, mon ami, d’être venu découvrir en ma compagnie un petit bout de ce Jura secret et bucolique.

J’ai extrêmement envie de continuer cette aventure jurassienne qui semble être bien plus montagneuse sur la fin. C’est challengeant ! Je continue donc. D’autant plus que la météo est avec moi… Autant en profiter pour dévorer ce Jura qui me tend les bras.

Puisque le temps est aux changements, je modifie le tracé de la GTJ pour attaquer les crêtes au col de la faucille et non à Lélex. Juste histoire d’en prendre encore plus plein les yeux ! Et plein les pattes !

Le challenge des crêtes jurassiennes, en plus du dénivelé, c’est le poids de l’eau ! Il faut porter vraiment beaucoup d’eau afin d’être autonome, car on en trouve nul part. Mais ça en vaut la peine, sur toute sa longueur !

J’arrive samedi soir à Culoz. Ça sonne la fin de cette traversée et le retour vers Genève. Mais le doute s’installe.

Avec les nouvelles décisions sanitaires, suis-je en capacité de continuer ? Vais-je pouvoir traverser les frontières ? Trouver un hébergement ? Ou juste boire un café ?

En partant, je ne pouvais pas être vaccinée (trop jeune) et sur le chemin, je ne me sens pas d’assumer les effets secondaires (de peur de me mettre en danger). Nous sommes si vulnérables, entre la fatigue physique accumulée et le manque de sommeil, comment faire face cette nouvelle épreuve ?

Chaque jour, il faut gérer l’effort, la nourriture, l’eau et potentiellement le couchage, en plus du chemin à suivre et de la météo capricieuse ; je ne me sens plus les épaules pour, en plus, gérer la recherche de vaccin dans une ville, à une date donnée…

Abandonnée ? À cause de ça ? J’en ai le ventre retourné. La fatigue de ces 2 semaines d’effort intense n’aide en rien. Comment réussir à composer avec cette donnée ?

Surmonter la fatigue, outre passer ses propres limites physiques, se nourrir peut, porter beaucoup d’eau, marcher sous la pluie ou sous un soleil brûlant… d’accord ! Mais être rattrapée par le COVID et les mesures gouvernementales qui en découlent me fend le cœur, je dois bien l’avouer.

Je reprends tout de même le chemin vers Genève. En marche forcée et le cœur pas tout à fait à ça, je dois bien l’avouer. Mais je m’accroche aux 2-3 jours de pause qui m’attendent dans ma famille. Avant d’attaquer les Alpes !

Le petit point dodo :

19.07.21 – Aprés la Chaux-neuve : Bivouac,

20.07.21 – Les Rousses : Appart’ du bois de l’ours,

21.07.21 – Aux alentours du Grand Montrond : bivouac,

22.07.21 – Avant Bellegarde : refuge non gardé de Sorgia d’en bas,

23.07.21 – Après Plan d’Hotonnes : bivouac,

24.07.21 – Culoz : camping le Colombier,

25.07.21 – Après Minzier : bivouac.

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Bilan de la neuvième semaine

1772 km parcourus, Doubs en crue, bonjour le Jura, récupération du petit frère, puis de Daniel, beaucoup de pluie, puis du soleil (enfin), 2 mois de rando, expérience extraordinaire !

J’attaque cette semaine sur les chapeaux de roue en récupérant mon petit frère, Simon, avec qui je vais marcher quelques jours.

Ça fait tellement plaisir que ma famille et mes amis me rejoignent de temps à autre.

Par contre, le temps nous joue clairement de drôles de tours… Il est compliqué de composer avec. Nous passons notre première nuit dans une famille charmante qui nous sauve de 60 mm d’eau ! Puis nous ne passons clairement pas à travers les gouttes et nous serons mouillés chaque jour que Simon partage avec moi. Ce n’est pas l’expérience de rando la plus chouette.

Je me demande si j’ai vraiment envie d’avancer dans ces conditions. Ne pas prendre de plaisir, avoir froid… Mais surtout, ne rien voir ; ne pas pouvoir profiter des paysages merveilleux qui m’entourent… Être en stresse par rapport à la montée du Doubs et du chemin inondé !

Bref, quelle idée d’avancer ? Est-ce que je ne m’en voudrais pas d’avoir raté des vues de dingue juste parce que je voulais avancer sur mon périple ? Ce sont des questions qui se posent depuis ma traversée des Vosges où j’ai raté des parties merveilleuses cachées par la pluie ou le brouillard !

Mais en même temps, c’est impossible d’attendre le beau temps pour faire des kilomètres, surtout cette année. Compliqué de prendre une décision en cette semaine plus qu’humide.

La pluie a aussi raison de la motivation de Simon. Être mouillé, ne pas voir grand chose, avoir froid ! C’est pas très drôle.

Il me quitte donc une journée avant la date prévue. Ça fait toujours un petit quelque chose quand quelqu’un qui m’accompagne repart. Mais c’était déjà trop chouette qu’il soit venu ! Merci mon Simon d’avoir partagé quelques jours de mon aventure.

Bien que la pluie soit omniprésente, les paysages sont merveilleux. Entre brume et pluie, j’ai l’impression d’être dans les Carpates par moment. La mousse s’invite sur les troncs, l’eau déborde, c’est tout de même merveilleux ce que la nature peut nous offrir !

Puis je prends un peu de hauteur et je découvre les chalets ainsi que les prés et leurs jolies vaches. Je longe la frontière suisse, toujours dans le brouillard. Et j’y retrouve Daniel (rencontré sur Compostelle et avec qui j’ai marché sur le GR 34) qui m’apporte le soleil !

Mais surtout, le retour du soleil rend l’expérience d’autant plus savoureuse !

Voilà 2 mois que je suis partie ! Comme cette expérience est folle ! J’ai hâte de continuer !

Daniel !

Le petit point dodo :

12.07.21 – Beaucourt : Chez Christophe et Ophélie,

13.07.21 – St Hippolyte : Camping « Les grands champs »,

14.07.21 – Goumois : refuge communal pour randonneurs,

15.07.21 – Le refuge des pêcheurs,

16.07.21 – Après Villers le lac : ferme auberge,

17.07.21 – Gounefay : bivouac,

18.07.21 – Le gros Morond : refuge du club alpin.

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Bilan de la huitième semaine

Les vignes alsaciennes.

Cette semaine débute la tête dans les nuages avec la montée puis la visite du haut Koenigsbourg dans le brouillard. Pas de vue comme vous pouvez l’imaginer… Mais l’ambiance y était merveilleuse.

Puis la météo joue avec les nerfs des marcheurs. De temps en temps du soleil, mais souvent de la pluie voir de la tempête et des orages…

C’est ainsi, mais c’est fatiguant.

C’est dans cette atmosphère peu accueillante que j’attaque la route des crêtes. Je dois bien avouer que c’est merveilleux !

Les paysages sont à couper le souffle. Bien que glaciale, venteuse et pluvieuse ; je me sens chanceuse de voir toute cette beauté.

La météo n’est pas mon alliée, mais ça ne l’est pour personne.

Malgré la difficulté d’avancer, les douleurs et la fatigue ; je m’accroche. C’est aussi ça la randonnée au long cours, sortir de sa zone de confort et voir jusqu’où on s’accroche à son rêve !

Et puis les chemins commencent à prendre vie. Il y a de plus en plus de randonneurs. Donc je papote, j’apprends aussi beaucoup des locaux. C’est chouette.

Je continue en passant, dans le brouillard, le plus haut sommet des Vosges : le Grand ballon. Mais je ne me laisse pas démotiver. Je reviendrai et je découvrirai ces vues grandioses que j’ai ratées !

Je termine cette semaine à Belfort après être passée au Ballon d’Alsace, sous un grand soleil, pour le coup. C’est ici que je quitte l’Alsace et que je débute mon aventure en Bourgogne-Franche-Comté.

Il est temps de dire au revoir aux Vosges. C’était vraiment très chouette de marcher dans les forêts, les plaines, les vignes et surtout dans les montagnes alsaciennes. Je suis plus qu’heureuse d’avoir découvert cette région et ses habitants. Et quel régale, la tarte flambée, le Munster, la choucroute, la saucisse blanche et les Bretzels !

À tout bientôt pour de nouvelles aventures.

Le petit point dodo :

05.07.21 – Aubure : auberge de jeunesse les Brimbelles,

06.07.21 – La Bresse : auberge le Pont metty,

07.07.21 – Oderen : gîte « Dans les nuages »,

08.07.21 – Oderen : gîte « Dans les nuages »,

09.07.21 – Thann (Ramersmatt) : Chez Carole et sa chouette famille,

10.07.21 – Abri du col de Chantoiseau : bivouac,

11.07.21 – Belfort : Airbnb avec Simon.

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Bilan de la sixième semaine

1 170 km parcourus, j’attaque les Vosges, marcher sous la pluie, la grêle, les orages, retrouvailles d’amis, Wissembourg, début du GR 5, gros coup de fatigue, mais pas d’abandon, premier bivouac sous un abri pour randonneurs, découverte des bretzels !

Pour cette 6e semaine, je bataille avec les chenilles processionnaires (ou plutôt leurs poils urticants qui me dévorent le corps). Et je compose avec la pluie et les orages. Et oui ! Il ne peut pas toujours faire beau et chaud ! Sinon comment profiterions nous d’une si jolie verdure ?

Bon, je relativise, mais c’est quand même galère par moment. Et la pluie, ça joue sur le moral soyons francs.

Sinon, la graaaaande nouveauté de cette semaine, c’est la découverte de l’organisation pour randonner en montagne ! Et oui ! Les Vosges approchent à grands pas. Je check les refuges, les endroits pour se ravitailler et j’essaie de faire un choix sur le chemin à emprunter… Ce n’est pas chose aisée.

Mais je me régale d’attaquer la descente vers le Sud ! Enfin !

Après avoir zigzagué le long de la frontière franco-belge, traversé le Luxembourg, rallié Metz et rattrapé la frontière franco-allemande… Je m’attaque aux Vosges.

Il m’aura fallu pas moins de 1 100 km et 40 jours pour enfin quitter Wissembourg (joli petit village sur la frontière allemande) et me lancer sur le GR 5 et ses variantes (531, 532, 53) en direction de la Méditerranée.

À Wissembourg, je me sens exténuée, incapable de repartir. Le contre-coup des grosses chaleurs ? La fatigue de marcher sous la pluie ? Le stress des orages ? Le nouveau balisage ? Je me sens un peu lessivée, mais ça ne me semble pas si anormal que ça après tout. Alors je décide de prendre un demi-jour de repos pour reprendre mes esprits, chercher quel chemin parcourir les prochains jours et me relancer.

Vous avez été nombreux à vous inquiéter, à me soutenir, à m’appeler ! Merci ! Il m’est difficile de tout partager avec vous, mais j’essaie d’évoluer et d’être un peu plus transparente. Mais ne soyez pas inquiets outre mesure, un coup de fatigue ne signifie pas que je vais abandonner. C’est juste un petit peu de doutes, une alimentation pas suffisante et de la fatigue qui s’accumule. Mais je ne lâche pas l’aventure ! Au contraire, elle ne fait que commencer =)

Je reprends le chemin le lendemain matin. Par chance, je ne le fais pas seule ; des amis rencontrés sur le GR 34 (l’année dernière) me retrouvent et nous marchons ensemble. Quel plaisir de les retrouver, de discuter avec des têtes connues, de se sentir un peu « à la maison »… Merci !

Je ne dis pas que ça a été sans peine. Et même si la fatigue me rattrape en cette fin de semaine, je me régale des découvertes naturelles et patrimoniales que je croise sur le chemin.

En espérant que le beau temps revienne maintenant.

Au fait, je ne vous ai pas encore parlé de la magie de marcher en forêt…

C’est tout simplement incroyable. Seule, à pied ; on fait tellement peu de bruit que les animaux nous laissent les approcher de si près. Combien de fois des papillons ont dansés autour de moi, combien de chevreuils ai-je eu le temps de regarder dans les yeux avant qu’ils partent doucement. Les petites souries, les oiseaux en tout genre, les martres…

C’est une vraie chance de reconnecter avec cette nature qui parait si hostile à certain et qui est pourtant si douce et poétique.

D’accord, tout n’est pas aussi magique que ça ! Les moustiques, les tiques et les chenilles processionnaires. Mais nous ne sommes pas exempts de tout reproche alors adaptons nous à notre environnement plutôt que de s’imposer comme on a l’habitude de le faire.

Il m’aura fallu un mois pour vous parler de tout cela. C’est pour dire à quel point je m’acclimate doucement à mon environnement, mais quel plaisir.

C’est peut-être aussi parce que je vais attaquer les Vosges et que la découverte de cette frontière Nord française est terminée. Mais quoi qu’il en soit, ce fut une belle aventure.

À moi une nouvelle maintenant.

Le petit point dodo :

21.06.21 – Théding : Chez Audrey et les voisins Fred et Murielle,

22.06.21 – Erching : Chez Adeline et Jérôme,

23.06.21 – Stulzerbronn : Au camping du Muhlenbach,

24.06.21 – Climbach : Auberge à l’ange,

25.06.21 – Wissembourg : À l’hôtel de la couronne,

26.06.21 – Niederbronn les bains (Woerth) : Chez Philippe et Florence,

27.06.21 – Erckartswiller : Bivouac.

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Bilan de la cinquième semaine

956 km parcourus, 2 trous dans mon matelas, déjà 1 mois, arrivée sur le GR 5, rencontre de la dernière asso et pas des moindre, retour en France, 3e day off, visite de Metz, 4e lessive et lavage de cheveux, découverte de la Moselle, les chenilles processionnaires ont eu raison de mes avant-bras, je me rapproche des Vosges.

Après une semaine de partage, je reprends ma route, seule. J’avoue que ça fait un petit quelque chose.

C’était chouette de vivre cette expérience à deux. Mais « the show must go on ».

Je repars donc pour de nouvelles aventures. Le GR 16 est terminé, je reprends donc mes petits bouts de GR à raccorder les uns aux autres.

Lundi, j’en termine définitivement avec la Belgique. J’aurais tout de même marché presque 300 km et 10 jours dans ce beau pays.

Le début de semaine continue au Luxembourg. Pour se terminer définitivement mercredi, où je rejoins Thionville. J’y rattrape le GR 5 ! Enfin !

Ça fait tout bizarre. Presque 900 km pour rallier le « point de départ » du fameux GR 5. Celui pour lequel tout a commencer !

Je peux vous l’avouer, lorsque je m’en suis rendu compte, j’ai ri… Puis pleuré, puis de nouveau ri en pleurant !

J’y suis !

La Moselle, c’est le département des noms de villes en -ANGE, j’ai beaucoup de mal à m’y retrouver. Mais par contre, c’est super joli. Suffisamment vallonné pour avoir quelques points de vue ; mais pas trop, me laissant tout le plaisir de me délecter d’une perspective de dingue !

Bon, c’est pas super boisé et avec la chaleur qu’il fait, il est vrai que c’est violent d’être toute la journée en plein cagnar. Et le plus triste, c’est que leurs arbres sont dévorés par des chenilles processionnaires ! C’est un carnage ! Et ça gratte !

La fin de semaine est ponctuée par mon arrivée à Metz. La rencontre avec une association formidable et la visite de cette merveilleuse ville au travers des yeux d’une hôte extraordinaire. Je me régale du patrimoine et de l’histoire de cet endroit. Quel bonheur !

Puis je repars sur le chemin, dimanche. Via le GR 5G, pour rejoindre les Vosges.

Je vous ai questionné à propos de ce qui vous plairait sur les réseaux sociaux, et vous m’avez demandé des détails, des rencontres, des anecdotes… Je me lance donc.

Pour les petites anecdotes matérielles de ce premier mois, après quelques jours sans ouvrir mon matelas gonflable, ce dernier avait moisi ! Et oui !

Me voilà, le lavant, à 19h pour essayer de rattraper le coup.

J’ai d’ailleurs dû réparer 2 trous dans ce dernier. Une fois à 22h, une autre à 7h du mat’… N’ayant plus de matos de réparation, je m’y suis attaquée au scotch et aux rustines de vélo ! Pour le moment, ça tient.

Mais le plus drôle reste le renard qui a découpé la moustiquaire de la tente pour se servir dans le sac de Tancréde.

Il n’aura pas eu gain de cause, mais me voilà à 8h du mat’ en train de faire de la couture.

Ce sont les aléas de l’aventure. Il vaut mieux les prendre avec le sourire… Il y en aura d’autres.

Je vis chaque jour des situations particulières. Il est vrai que je pourrais vous les partager plus souvent. Mais je n’y pense pas toujours.

Et puis qu’aurais-je à raconter dans mes BD si je vous dévoile tout en direct.

Je vous souhaite un bon début de semaine. En espérant que la pluie et les orages soient passés.

Le petit point dodo :

14.06.21 – Audun le tiche : Chez les voisins de Christine : Claude, Joëlle, Helena et Fanny,

15.06.21 – Forêt de Haute Kontz : bivouac,

16.06.21 – Thionville : Chez la famille Baltzer,

17.06.21 – Sémecourt : B&B,

18.06.21 – Metz : Chez Nathalie et Philippe,

19.06.21 – Metz : Chez Nathalie et Philippe,

20.06.21 – Aux alentours de Bambiderstroff : bivouac.

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Bilan de la quatrième semaine

750 km parcourus, traversée de l’Ardenne belge, semaine de rando avec Tancrède, de plus petites étapes pour pas nous casser, beaucoup plus de dénivelé, soleil au beau fixe, 3e lavage de cheveux, quelques surprises, fin du GR 16, fin de la Belgique, 3e lessive, c’est reparti pour de nouvelles aventures.

Cette semaine, j’attaque le GR 16.

Enfin un chemin tracé, sans passer d’un balisage à l’autre. Une stabilité sur 200 km. Juste profiter, se laisser porter par les petits traits rouge et blanc ; et suivre le tracé étudié pour me faire découvrir le patrimoine naturel et culturel belge !

C’est un vrai plaisir de découvrir l’Ardenne belge ! On m’avait dit que ça allait grimper ! Je n’ai pas été déçue ! Et c’est vraiment très beau.

Ce fut une semaine où j’ai accueilli Tancrède sur mon chemin. Il nous a fallu un peu plus nous organiser, car le bivouac et le « on verra » ça ne fonctionne pas pour/avec tout le monde. Et je peux le comprendre.

Ce fut une sacrée aventure.

Il y a quelques années, je n’aurai pas accepté ces modifications de parcours ; ces différences de besoins et d’envies. Mais c’est aussi ça partager. C’est se mettre au rythme de l’autre. Et je suis contente de faire cet « effort » pour partager mon aventure.

Merci Tancrède d’avoir traversé la moitié de la France pour marcher quelques jours en Belgique à mes côtés. C’était super cool.

Je clos ce GR, dimanche, seule ; Tancrède est reparti en stop à Charleville Mézières pour récupérer sa voiture. Ça fait tout drôle de reprendre le chemin non accompagnée, de quitter définitivement la Belgique… et de porter un sac qui pèse un poids inconsidéré !

Presque un mois que je suis partie !

C’est dingue comme ça passe vite. Je suis maintenant à la frontière luxembourgeoise. Encore quelques jours et j’attaque les Vosges.

Les questions d’organisation et de planification se bousculent dans ma tête ! Vais-je tenir les délais ? Suis-je en retard sur ce que j’avais prévu ? Comment je vais faire pour le retour si je ne tiens pas mon timing ?

Et oh ! Je suis à peine partie que je pense déjà à la fin ? Au retour ? Aux obligations ? Ça suffit ! Une expérience comme celle-ci, on en a qu’une ! Alors je trouve mon rythme, je profite de chaque instant et on verra la date du retour quand j’y serais !

Je termine cette semaine en faisant du tourisme après ma journée de marche. C’est agréable de découvrir la région aussi. Ne pas seulement la traverser.

Le petit point dodo :

07.06.21 – Rochehaut : Auberge de Rochehaut,

08.06.21 – Le gué du Maka : Camping Maka,

09.06.21 – Herbeumont : Le champ du monde,

10.06.21 – Florenville : Chez Aurore, Damien, Aloïs, Cyrielle et Célestine,

11.06.21 – Les bulles : Camping chez Evelyne, Mathieu, Théo, Manon et Elliott,

12.06.21 – Sampont : Chambre au papillon d’or,

13.06.21 – Messancy : Chez Pascale.

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Bilan de la troisième semaine

555 km parcourus. Premier tri et renvoi de matos. 2e lessive. 2e jour Off. Grosse fatiguée physique. Passage de la France à la Belgique. Température en forte hausse. Grosses journées de marche. Découverte du PNR de l’Avesnois, de la forêt de Chimay et du début des Ardennes française et belge.

Ces 3 premières semaines, j’ai cheminé sur le plat pays du Nord, j’ai zigzagué sur la frontière belge et dessiné au jour le jour mon tracé. Passant par les 2 GR de pays de l’Avesnois, le GR 125 belge, le Ravel 156 jusqu’à Chimay, le GR 12 me ramenant en France pour attaquer le GR 16 à Monthermé.

J’ai été accueillie par de merveilleuses familles et fait de belles rencontres. Merci encore !

Plus les jours passent et plus j’augmente les étapes. Je partais sur un challenge de 20-25 km par jour. Je suis plutôt entre 30 et 35. La fatigue vient donc de là, mais je n’arrive pas à diminuer mes étapes.

Bien que mes pieds soient douloureux, bien que mes jambes me lancent toutes les nuits, je continue d’avancer ! J’ai la tête dure mine de rien !

Ces 18 premiers jours m’ont usé. Il faut du temps au corps pour se remettre dans le bain. Je prends donc un jour de repos à Rocroi avant d’attaquer le GR 16 et ses chemins tout au long de la Semois dans l’Ardenne belge.

Un jour de repos, ça signifie que l’on fait tout ce que l’on n’a pas le temps de faire en temps normal. Mais choisir une petite ville permet surtout de se reposer et de profiter ! Je me rassasie de fruits et de légumes qui sont plutôt absents de mon alimentation en rando. Je me prélasse en terrasse et je me balade sans sac et sans objectif. Je profite de cette simplicité et de ce retour aux sources.

Mais surtout, il est temps de faire du tri.

Adieu mon tube de Voltaren. Je t’ai porté 3 semaines, au cas où. Mais par chance mes douleurs ne sont pas présentes au point d’avoir besoin de toi ! Chouette !

Idem petite boule de massage qui m’aura accompagné de nombreux kilomètres… Mes semelles font des miracles.

Je renvoie le mélange de quinoa, ça nécessite malheureusement trop de gaz et je suis limitée mine de rien.

Je me déleste aussi de ma cup. Je prends le partie de porter serviettes hygiéniques bio quand j’en ai besoin et protège-slip le reste du temps. C’est plus dans un souci de confort et d’hygiène. Je me lave que peu souvent et ne pas macérer dans sa culotte, c’est plutôt mieux si on veut éviter les mycoses, etc. NON, je ne vous épargne rien. En même temps, personne n’en parle. Il est peut-être temps.

Je supprime mon désinfectant aussi. C’est lourd et ça pique (je ne l’utilise jamais). Je ne suis pas vraiment loin d’une pharmacie, donc j’aviserai si j’en ai besoin à ce moment-là.

Moins 720 grammes mine de rien.

Et je dis adieu à ma tente. Je ne m’y sens pas à l’aise. Bien qu’ayant plein de qualité, je ne m’y sens pas à suffisamment bien. Trop petite, trop basse, trop étroite… J’étouffe dès que je la ferme.

Je récupère donc mon ancienne tente afin de compenser le renvoi de cette dernière. Et je rajoute (dans mon « petit » sac) des petites lingettes Saforelle pour nettoyage succinct, mais quotidien.

Et mon pantalon de pluie ! Byzance !

Vous savez tout maintenant.

C’est le moment des remerciements !!!!

3 semaines que je traverse villages et campagnes. Je m’en étais déjà rendu compte, mais merci ! À vous, commerçants, qui tenez bon ! Merci à vous qui maintenez de la vie dans de petites villes ou villages parsemant notre territoire. Merci aux courageux qui croient encore en la vie de quartier. Merci d’être des asiles pour nous marcheurs, mais aussi pour la population locale. Vous êtes courageux, souvent bienveillants et vous avez le mot qui fait tenir bon. Alors merci de résister aux zones industrielles, à la gentifrication et à l’ubérisation de nos vies !

Encore une semaine remplie de hauts et de bas. Mais surtout de plaisir, de bonheur et d’étoiles dans les yeux.

Aussi difficile soit-elle, cette aventure est belle !

Le petit point dodo :

31.05.21 – Maubeuge : Chez Eric et Houria,

01.06.21 – Aux alentours de Seloignes : Aux pas de l’âne avec la merveilleuse famille d’Annabelle,

02.06.21 – Nismes : chez Vanessa,

03.06.21 – Rocroi : Airbnb,

04.06.21 – Rocroi : Airbnb,

05.06.21 – Monthermé : Hôtel des boucles de la Meuse,

06.06.21 – Bohan : Camping des bouleaux.

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Bilan de la deuxième semaine

353 km parcourus. Retrouvailles avec Chloé. Lille. Première pause. Le soleil arrive. Toujours de chouettes rencontres. De jolis paysages. Découverte des terrils et des frites belges. Plus de bivouac. Beaucoup moins de douche. Les sensations reviennent.

Suite aux retrouvailles avec Jérôme pour une journée de rando, très pluvieuse, en fin de semaine dernière ; je rejoins mon amie de toujours à Lille.

C’est très particulier d’entrer et de sortir, à pied, d’une grosse ville. Mais c’est savoureux de rejoindre Chloé à la force de mes jambes. Un chouette day off en perspective pour ce lundi férié. Si on y ajoute la victoire du LOSC, j’avoue que le retour à la réalité a été violent, mais pas désagréable.

Je suis le GR 121B, le 121 puis le 122. Ces tracés me font faire plein de détours, mais je découvre de petites merveilles, c’est donc avec plaisir que j’enchaîne les kilomètres. Qui plus est, le soleil est revenu c’est donc du agréable de randonner dans ces conditions. Il faut bien avouer que c’est chouette de se laisser porter par le balisage. Sans pour autant s’y enfermer. C’est là le juste milieu qu’il faut trouver.

Je n’ai, dès à présent, plus d’obligations associatives avant Metz. Mes journées ne sont donc ponctuées que par mon envie d’avancer. Et c’est ça la liberté. Qui plus est, j’ai récupéré un pantalon de pluie. Je suis donc parée à toutes les situations.

Les douleurs ne se sont pas toutes évaporées, mais elles sont moins présentes. Plus exactement, je les gère un peu mieux.

Je n’ai pas encore repris mon rythme de marche d’avant, mais je sens qu’il n’est plus très loin. Le souci vient du poids du sac, il est encore trop lourd ! Mais si j’ai bien compris une chose, c’est qu’il ne sert à rien de se précipiter. Donc je me laisse encore quelques kilomètres avant de faire du tri.

La question qui ressort ces premiers jours de marche, c’est : « Vous le faites pour une cause ? Une association ? ». Doit-on toujours trouver une excuse pour prendre du temps ? Pour renouer avec un rythme bien plus naturel ? Faut-il être un étendard pour entreprendre un tel périple ?

Bien évidemment, j’ai des convictions, que je partage au gré de mes rencontres. Objectivement, je porte l’envie que tout un chacun puisse se sentir apte de partir sur de telles aventures… d’autant plus les femmes. Mais est-ce ma motivation première ? Dois-je trouver quelque chose de plus grand que moi pour tenir mon objectif (aussi dur cela peut être) ?

Ce cheminement est une aventure même dans les questionnements.

En attendant de trouver les réponses, je vagabonde le long de terrils, de canaux, de forêts et de routes pavées. Je ne sais pas vous, mais je suis enchantée par ces découvertes.

L’accent du Nord n’est jamais très loin. Au détour d’un Perrier en terrasse, d’une pause au soleil ou d’un repas autour de frites. Qu’ils sont accueillants.

Qu’il est bon d’avoir coupé avec la vie de tous les jours. Plus les kilomètres passent et plus je me sens de nouveau moi. Parfois doutant, en générale fatiguée en fin de journée ; mais heureuse de sillonner ce beau pays.

Comment se fait-il que je me laisse happer par la vie lorsque je rentre ? En voilà une question fondamentale.

Le petit point dodo :

24.05.21 – Lille : chez Chloé,

25.05.21 – Louvil : chez Cath et Guillaume,

26.05.21 – Aux alentours de Moncheaux : bivouac,

27.05.21 – Aux alentours d’Hasnon : bivouac,

28.05.21 – Peruwelz : chez François, Aline, Chloé, Emy et Tom,

29.05.21 – Aux alentours de Sebourg : bivouac,

30.05.21 – Aux alentours de Maroilles : bivouac.

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Bilan de la première semaine

155 km parcourus. Une petite semaine de marche. Je crée mon propre chemin. Beaucoup de pluie et de vent. De nombreuses rencontres. Un accueil de dingue par les gens du Nord. Retrouvailles avec Jérôme. Premier bivouac. Premières assos rencontrées. Des ampoules, mais beaucoup de plaisir.

Mon premier jour de rando a été plus que magique. J’ai eu la chance de découvrir Dunkerque sous un grand ciel bleu. Puis j’ai longé la mer du Nord jusqu’à Bray Dunes sans trop de vent.

Les bunkers et leur histoire m’ont accompagné tout au long de cette première journée de marche. Je dois bien avouer m’être délectée de chaque kilomètre sur le GR 120, sachant que d’autres seront plus compliqués.

Puis j’ai été accueillie dans une merveilleuse famille qui m’a ouvert son foyer et offert un repas plus que convivial où j’ai goûté le Welch ! Je commence fort avec les spécialités culinaires. Dans la soirée, de nombreuses opportunités de logis m’ont été trouvées sur le chemin. Comme ces gens sont gentils ! C’est incroyable !

Pour mon second jour de marche, j’ai longé la frontière franco-belge tantôt d’un côté, tantôt de l’autre. C’était amusant et plutôt bien balisé, sur le GR 5A. Je me rends compte que mon rendez-vous à Hazebrouck, le lendemain, m’empêche un peu de marcher sur un chemin qui me tentait bien. Mais je le référencerai sur le tracé pour que les gens puissent le faire.

Cette première semaine, je tâtonne quant au tracé du chemin. Le GR 5A à la sortie de Bray Dunes, le GR 128 dans les monts de Flandres, le GR 120 aux alentours de Lille. Mais tout cela se dessine doucettement à mesure que les kilomètres défilent.

Je n’ai pas vraiment de chemin prédéfini alors j’essaie de trouver la meilleure solution pour les personnes qui souhaiteraient se lancer ensuite.

Je fais quelques détours pour découvrir Cassel et son moulin ou encore le mont des Cats et son abbaye. Tout au long de mes pérégrinations, de jolies petites chapelles jalonnent la route. Quel réconfort quand le temps n’est pas au rendez-vous.

La pluie, le vent et par moment le soleil m’accompagnent lors de cette première semaine de marche. Plus que les paysages qui m’entourent, ce sont les